Maryse Casol

                            GALLERY          THE ARTIST          SHOP   /  shopping bag >


border

HOME / MAGAZINE / ART WORLD / LA FINALITÉ DE L'ART

Essentiel Simplicite - Casol Limited Edition Print

La Finalité de l'Art


Texte par Ève Lévesque | Images par Maryse Casol

Selon Jean-Baptiste Dubos, homme d’Église, historien et théoricien de l’esthétique français, l’art a comme ambition de nous plaire et de nous attacher. Pour nous attirer et nous pousser à regarder sans cesse une œuvre d’art, celle-ci doit nous émouvoir. Mobilisant une mécanique pathétique, l’art suscite des sentiments, plus ou moins forts, chez l’individu qui observe. Pour Dubos, qui est sensualiste, l’œuvre se présente dans la manière d’en faire l’expérience. Mais pourquoi l’art nous émeut-il, pourquoi l’humain est-il attiré par l’art? Comme il s’agit d’une mécanique, comment fonctionne-t-elle, quelle est-elle et surtout, comment permet-elle l’accomplissement de l’art?

L’art doit nous plaire. L’œuvre doit être agréable et devenir, à travers l’expérience, une source de plaisir. Afin d’établir ce lien d’intérêt entre le sujet et l’œuvre, l’art se sert de l’imitation pour nous faire vivre certaines passions. Les sentiments suscités face à l’œuvre sont la faculté de l’âme à sentir par la provocation de passions immédiates, irréfléchies. Le sentiment dévoile deux types de passions distincts : les passions naturelles que l’on tire directement de l’objet duquel on fait l’expérience, et les passions artificielles, provenant des expériences faites de l’imitation de ces objets. Ces dernières passions, les passions artificielles, nous dégagent de l’horreur qui accompagnerait la passion naturelle. En fait, Dubos va même jusqu’à dire que ce sont les imitations des actions et des images qui, si nous les avions vues véritablement nous auraient fait le plus souffrir, ont le plus de pouvoir pour nous attacher. Il faut toutefois faire la différence entre ces imitations, desquelles relèverait une œuvre d’art réussie, de l’illusion, qui elle serait un échec. Dans le cas de l’illusion, le sujet faisant l’expérience ne pourrait réagir de la bonne façon, croyant à l’objet réel alors qu’il ne s’agit pas de la vérité.

Pourquoi l’être humain éprouve-t-il le besoin de vivre des passions artificielles et en quoi cela demeure-t-il un plaisir pur? Dubos nous dira que le plus grand besoin de l’homme est d’avoir l’esprit occupé, soit par la réflexion, la méditation ou bien le sentiment. L’ennui serait si pénible que nous serions prêts à tout pour s’y dérober.  La façon la plus simple d’esquiver l’ennui est de se livrer aux sentiments provoqués par les objets qui nous entourent. On chasse donc cet ennui imminent par le divertissement, en se donnant le droit de vivre certaines passions, plus ou moins contrôlées. Il s’agit en quelque sorte d’une catharsis, d’une purgation des passions naturelles par les passions artificielles. En fait, les passions naturelles sont souvent suivies de périodes de tristesse et d’ennui, tandis que les passions artificielles nous occupent lorsque nous le nécessitons, sans plus.

1 | 2 >

Casol Villas France